Mise à jour de la Liste rouge de l’UICN pour des espèces couvertes par l’AEWA

Bonn, le 5 février 2018 - Le déclin très marqué de certaines populations a entraîné la modification du statut de trois espèces d’oiseaux d’eau couvertes par l’AEWA dans le cadre de la version révisée de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, publiée en décembre. La diminution du nombre des proies due à la surpêche a entraîné des déclins importants  au sein des populations de Mouette tridactyle et de Fou du Cap. La pollution induite par les eaux résiduaires domestiques et urbaines et le ruissellement des terres agricoles constitue un problème majeur pour l’Érismature maccoa. Toutefois, les perspectives s’annoncent plus favorables pour deux autres espèces de l’AEWA, l’Huîtrier de Moquin et le Pélican frisé. BirdLife International et Wetlands International ont rassemblé les données sur lesquelles s’appuient ces nouvelles évaluations.

L’Érismature maccoa (Oxyura maccoa) se trouve confrontée à plusieurs menaces. Comme cette espèce se nourrit essentiellement d’invertébrés vivant dans les fonds aquatiques qui sont de plus en plus contaminés par des polluants, elle est plus vulnérable face à la pollution que d’autres types de canard. Des scientifiques ont enregistrés les niveaux de pesticides. Le drainage des zones humides en faveur de l’agriculture détruit l’habitat naturel de l’espèce. La déforestation entraîne la disparition des zones humides, les changements rapides des niveaux d’eau pouvant perturber les conditions de reproduction et d’alimentation. La noyade des oiseaux pris dans des filets maillants fait également payer un lourd tribut.

Dans certains pays, comme le Kenya, le déclin rapide et la disparition de populations ont conduit à la révision du statut de l’espèce, qui est passé de la catégorie Quasi menacée à Vulnérable. La population totale est à présent estimée à 7 300-8 500 individus.

Une action urgente et de grande ampleur s’impose en vue du rétablissement des populations de cette espèce. Le Plan d’action international pour la conservation de l’Érismature maccoa propose une série d’activités de conservation qui doivent encore être mises en œuvre.

Les ressources alimentaires réduites et la pollution pétrolière constituent les menaces principales pesant sur  la survie de la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla), tandis que le changement climatique, les prises accessoires dans le cadre de la pêche à la palangre, les collisions avec les éoliennes situées au large et la chasse pratiquée dans les Iles Féroé et au Groenland sont également préjudiciables à l’espèce. Un déclin de 40 pour cent depuis les années 1970 a justifié son passage dans la catégorie Vulnérable de la Liste rouge. Les effectifs de la population mondiale sont estimés à 14 600 000-15 700 000.

Les oiseaux marins appartiennent au groupe d’oiseaux le plus menacé du monde. Le Fou du Cap et l’Huîtrier de Moquin sont inclus dans le Plan d’action multi espèces pour la conservation des oiseaux marins côtiers du système de remontée d’eau du courant de Benguela, adopté en 2015.

Alors qu’il existait autrefois en abondance, le Fou du Cap (Morus capensis) est maintenant classé comme étant En danger d’extinction. Le manque de nourriture dû à la surpêche de la sardine dans les eaux namibiennes a sérieusement porté atteinte aux oiseaux marins adultes et a ralenti la croissance des poussins. La pêche à la senne coulissante en Afrique du Sud a réduit encore davantage les effectifs des poissons pélagiques servant de proies. Le Plan d’action multi-espèces traite des prises accessoires de la pêche. Depuis les années 1950, la population mondiale de ce grand oiseau marin a été réduite de plus de moitié. L’évaluation de population la plus récente indique un total de 246 000 individus.

Mais il y a également de bonnes nouvelles. Les activités de conservation en faveur de l’Huîtrier de Moquin (Haematopus moquini) se sont révélées efficaces. Les scientifiques estiment que la population a presque doublé entre 1980 et le début des années 2000. Cette augmentation résulte de la gestion améliorée de l’habitat sur les îles côtières. Afin de réduire les perturbations causées par les personnes fréquentant les plages, il est nécessaire de créer davantage de zones protégées. Des mesures visant à empêcher la destruction des nids par les prédateurs naturels ont été proposées. On compte à l’heure actuelle environ 4 450 individus matures. Sur la Liste rouge de l’UICN, l’espèce est passée de la catégorie Quasi menacée à Préoccupation mineure.

L’abattage illégal, la prédation des nids, les perturbations causées par les touristes et les pêcheurs, les changements intervenus dans les zones humides et leur destruction, les collisions avec les lignes électriques aériennes et la surpêche continuent à menacer le Pélican frisé (Pelecanus crispus). Néanmoins, les mesures de conservation ont conduit à une augmentation de la population en Europe, en particulier en Grèce. Mais également dans d’autres pays, les effectifs du plus grand oiseau d’eau douce au monde ont augmenté grâce aux actions de conservation. On pense que la population a augmenté au cours des trois dernières générations, s’élevant à un total de 10 000 -13 900 individus. C’est pourquoi il est passé de Vulnérable à Quasi menacé. Cependant, des déclins importants peuvent se produire si les actions de conservation sont abandonnées dans l’Europe du sud-est. Un Plan d’action international par espèce est en cours d’élaboration. Le plan mondial élaboré sous l’égide de la CMS, de l’AEWA, de l’UE et du Partenariat pour la voie de migration Asie de l’Est-Australasie couvrira les trois populations de cette espèce dans le monde. Il sera présenté pour adoption lors la 7ème session de la Réunion des Parties à l’AEWA, en décembre 2018.
 

 
 

Last updated on 11 April 2018

Type: 
News item
Species: 
Haematopus moquini
Morus capensis
Oxyura maccoa
Pelecanus crispus
Species group: 
Birds